Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.

L’été a laissé doucement place à l’Automne, la fraîcheur est venue nous surprendre au petit matin, et c’est le grand retour des vestes chaudes. 

Cet été à Saint-Pierre, nous avons eu une météo extrêmement clémente, avec très peu de brouillard contrairement à d’habitude !! Les animations ont encore été nombreuses, il est impossible de s’ennuyer ici durant ces 3 mois, entre festivals, concerts, balades et animations à tire-la-rigaud !!

J’ai eu la visite de Dialanne et ses parents, c’est toujours un plaisir de faire découvrir ce petit coin que je chéris à des personnes qui me sont proches. Malgré le peu de jours de repos, c’était un beau moment de chaleur et de sourires avec eux, il semblerait qu’ils aient aimé le coin =) !! 

Les fêtes basques :

Durant une semaine, la culture basque est à l’honneur : une grande partie des habitants de Saint-Pierre en descend, et ils la font vivre fièrement.

Au programme, des joueurs de pelote basque viennent de métropole pour un tournoi sur toute la semaine contre les joueurs locaux. Un groupe de musiciens basques vient également se joindre à la fête, les danses et chorales rythment le tout;

Et tout ça se termine en apothéose par les jeux de force basque traditionnels : le tir à la corde, le jeter de botte de foin, le soulever de botte de foin, le tronc à scier, le lever de charrette, le porter de bidon et le lever d’enclume. 

5 équipes de gars s’affrontent, et 3 équipes de filles. L’ambiance est au top, le soleil au rendez-vous, tout le monde s’égosille pour son équipe fétiche, avec un petit verre de punch qui rend les esprits guillerets. J’adore définitivement cette semaine !! 

Pseudo-tempête 

Un ouragan tropical est remonté en catégorie 1 jusqu’à la Nouvelle Ecosse, où il a occasionné de gros dégâts. Il a traversé de part en part les îles de la Madeleine sous forme de tempête post tropicale, les voiliers des copains du rallye du cousin ont été très abîmés lorsqu’un ponton de la Marina s’est décroché, bref, Dorian n’est pas passé sans mal. 

Par chez nous, pas grand chose de semblable : du vent chaud, une mer démontée, juste de quoi se faire plaisir à regarder les vagues s’écraser contre les rochers. 

Visite d’un équipage de voilier :

Le navire de la marina de Monaco, fameux car ayant fait une traversée jusqu’à NYC avec Greta Thunberg, a fait escale quelques jours à SPM : l’occasion de faire visiter à l’équipage Saint Pierre, c’était de beaux moments partagés avec des voileux de NZ, Irlande et Allemagne !! 

Déménagement :

Après plus de deux années dans mon appartement en centre-ville, j’ai trouvé une petite maison à Savoyard, le « bout du bout » de Saint Pierre ! C’était une maison de campagne autrefois, elle est petite et plein de cachet, mais surtout lumineuse, au calme, et adorable !! Un vrai coup de cœur, et après un bon débroussaillage des meubles et une grosse étape décoration, je m’y sens super bien !!

Jahia aussi adore, si ce n’est les chats des voisins qui sont assez… agressifs 😅Elle a écopé de quelques points de suture et d’une belle frayeur !

En tous cas, quel plaisir de pouvoir, en 25 minutes, aller faire mon changement d’adresse et mes paperasses à l’assurance, les impôts, les telecom, la poste, EDF et le fioul !! Saint Pierre, où tout est proche et les démarches facilitées, c’est vraiment appréciable !!!!

Quelques photos en vrac !!! 

Les Îles-de-la-Madeleine

Ce lundi 29 Juillet, départ pour les îles de la Madeleine !!! 

Il s’agit d’un petit archipel d’îles Québécoises, dans le golfe du Saint Laurent.

À 1h20 de Saint Pierre et Miquelon

Elles comptent presque 14.000 habitants à l’année longue, répartis dans 8 villages, mais la population grimpe à plus de 80.000 durant la belle saison !!! C’est un lieu de vacance très prisé des québécois, pour ses plages (300km de plages !), la beauté des paysages et sa vie culturelle très riche. La Saint-Trop du Québec si vous voulez !!

Les différentes îles sont reliées par des dunes ou des ponts. Elles sont au nombre de 7 (ou 5 ou 6 selon les sources, un désaccord sur l’unité de certaines d’elles), + 4 petites secondaires. 

L’île d’entrée, habitée par des pêcheurs anglophones (descendants d’écossais et irlandais), est reliée par traversier. 

L’archipel est actuellement en cours de reboisement (25% de sa surface). Le reste de sa formation est dunaire, avec de magnifiques falaises sculptées dans le sable par l’érosion. On trouve également de l’argile et du grès dans ces falaises. 

Elle possède la plus grande centrale thermique d’Amérique du Nord, et des éoliennes seront installées l’année prochaine. Les îles se veulent novatrices et exemplaires sur l’écologie, et œuvrent beaucoup en ce sens. 

Je vous passe les détails historiques, en gros elles ont été : françaises anglaises françaises etc… au fur et à mesure des guerres et traités . Maudits rosbifs !!

Elles sont aujourd’hui composées à 85% de descendants acadiens, culture très présentes, ne serait-ce que pas les drapeaux acadiens fichés fièrement devant les maisons. 

Sa principale richesse a été la pêche, et la chasse au morse (1799, le dernier de la plus grande colonie mondiale a été tué…. !). Aujourd’hui, on y pêche les poissons dont la fameuse morue, les homards, crabes des neiges, … malgré le déclin. 

Le tourisme est donc la nouvelle source de revenus ici. 

Après quelques soucis de santé qui ont failli me coûter mon voyage, je fignole donc mes valises en dernière minute : ça aboutit à un bagage constitué de 7 robes, 5 paires de chaussures, mais comme je suis trop forte et organisée, j’ai réussi à tout porter ! En même temps, les occasions de mettre des robes sont tellement rares, que lorsqu’il y en a une qui pointe le bout de son nez, je suis prête à me changer 4 fois dans la journée :p !

Je décolle donc, pour 1h20 de vol à bord du cessna d’air saint Pierre. Il assure les vols pour cette destination depuis un an maintenant. C’est un vol saisonnier uniquement, deux fois par semaine. L’arrivée est malheureusement nuageuse. 

Je récupère ma voiture louée chez Leblanc (service de location nickel), direction l’auberge où j’ai réservé. (Pas de GPS, mais une carte est suffisante, on se repère très facilement ici !). L’auberge se trouve à l’étang du Nord, « Chez Sam » : super mignonne, l’hébergeuse est adorable, ses filles tout autant, petits déjeuners plus que copieux, de bons conseils pour les visites. Seul le bruit de la voie rapide est embêtant en fin de journée. 

En une semaine, ce sera très difficile de faire le tour de l’archipel !! J’ai essayé de rentabiliser le temps en groupant les visites, il y a plus d’une heure pour passer du Sud de l’île au nord donc il faut tabler par un jour par île, bien que ce soit du rapide et que deux semaines n’auraient pas été de trop !!! 

L’Île d’entrée 

Sandy Hook et havre Aubert en arrière fond, depuis big Hill

30 minutes de zodiaque pour accéder à cette jolie petite île aux airs d’Irlande, aux falaises rouge habitées de cormorans et petits pingouins. J’en profite pour parler au gars qui nous amène, Samuel (avec « excursions en mer »), de la pêche, de la vie aux îles. Les problématiques sont bien semblables à celles de SPM, tout comme la tranquillité de vie (surtout hors saison touristique…). 

On parle longuement de la chasse au phoque : le phoque n’ayant plus vraiment de prédateur, il pullule dans les eaux canadiennes de façon exponentielle. A savoir que c’est un très grand mangeur, et qu’il est en train de faire décliner les bancs de poisson, avec à priori des prévisions scientifiques bien alarmistes à ce sujet. D’où l’intérêt pour eux de continuer à le chasser, même si ça ne suffit pas à réguler. Après, bien sûr, et comme pour toutes les espèces… chasser, oui, mais dans le respect de l’animal… bref, c’était une parenthèse. Coucou Brigitte Bardot, si tu passes par là !

 L’île d’Entrée donc est habitée uniquement par des anglophones (descendants de pêcheurs irlandais et écossais), environ 70 habitants à l’année longue. elle est toute petite, le bétail y paisse librement (mais les cheptels sont en chute libre, la population est déclinante et vieillissante).

J’ai 1h30 sur place pour visiter cette petite île, aux maisons éparses, aux grandes étendues vertes. Je croise plus de touristes (comme moi) que d’habitants, mais l’atmosphère y est très agréable, un peu hors du temps. 

Je monte (beaucoup trop vite, et il fait beaucoup trop chaud) Big Hill, le point culminant de l’île qui offre une vue à couper le souffle. 

Le temps de me manger un petit sandwich frites et il est déjà temps de repartir ! 

Havre Aubert :

Seul île boisée et avec une véritable forêt de l’archipel, c’est aussi la plus vaste. 

C’est là que les premiers acadiens se sont installés, quand ils sont arrivés pour la chasse au morse. De fait, la ville de Havre-Aubert possède à côté de son port le quartier de « la Grave », classé lieu historique : les maisons y sont typiques, l’ambiance familiale et chaleureuse. Les drapeaux acadiens volent à chaque maison, les artisans et artistes ont pignon sur rue, et les animations sont très nombreuses (concerts, concours de chateau de sable, festival acadien, …). 
C’est sûrement l’un des lieux les plus courus par les touristes, mais ça reste agréable d’arpenter le coin. 

Elle donne accès au port et à la Marina où sont les copains du rallye des cousins : on ira donc ensemble au café de la Grave, haut-lieu de rencontre, pour déguster des bons plats d’icitte ! (Spéaghettis aux pétoncles pour moi, mais je gouterais au passage les plats à base de phoque des copains. La viande est forte, mais moins que ce que j’imaginais étant donné la quantité de poissons qu’ils ingurgitent ! C’est tendre et assez bon. Faut juste pas imaginer le petit blanchon trop mignon dans sa tête, mais après tout n’est-ce pas le cas pour l’ensemble des viandes que nous mangeons ?)

Plus à l’Ouest, derrière la ville de bassin, je vais voir l’élevage de wapitis qu’un habitant à fait venir pour vendre leurs viandes… Puis il s’y est attaché et a gardé le cheptel tel quel (ormis un ou deux mâles dominants qu’il a du tuer ). Ils sont en vente, le propriétaire ne pouvant plus s’en occuper, donc il n’y en aura bientôt plus…
Un peu plus loin, petit stop dans une cidrerie familiale, et après une dégustation je repars avec ma bouteille et mes pots de beurre de pommes (beurre, miel, pomme, vanille). Délicieux !!

Enfin, à l’extrémité ouest se trouve un cordon dunaire, la dune de l’Ouest. En face, la dune du havre-au-basque, ce qui forme le grand étang de la Martinique. Ce n’est pas sans rappeler l’isthme de Miquelon-Langlade et le grand barachois, autant au niveau de la végétation que de la faune, le paysage est donc bien familier (même si les températures et l’ambiance diffèrent !). 

Bref, le vendredi soir c’était « apéro des cousins » sur la plage avec l’équipée du rallye, les garçons ont construit un campement 5*, avec le bar et le super feu de camps !! Super soirée, guitare autours du feu et bain de minuit, suivie d’une courte nuit dans la voiture et d’un petit déj autours des braises encore chaudes !! Un petit bain dans la mer (~ 17°C) et cette jolie parenthèse avec les amis s’achève déjà, bien trop vite !! 

Pas de photos de la soirée ou du camp, ça reste entre nous ça 😇🤓

SPM, 3 années après.

Ce vendredi, cela fera 3 ans que j’ai posé le pied à Saint-pierre et Miquelon. 

Après les premiers mois d’euphorie et de contemplation, je dois dire que je me suis habituée à cette vie sereine et sans trop de nuages. J’ai pris racine sur ces îles que l’on dit hostiles par leur climat et leur enclavement, mais dont on ne peut que vanter la chaleur et l’authenticité des habitants.

Je ne referais pas ici une nouvelle éloge de l’archipel, ou du moins pas à travers de longs écrits plein de superlatifs. Un petit méli-mélo de quelques photos s’en chargera tout aussi bien !!

L’archipel est un terrain de jeu fantastique pour les photographes, les peintres; Un lieu d’inspiration sans fin pour quiconque se sent une âme d’artiste. 

Un nouvel hiver s’installe, la neige est arrivée tôt et nous a ravis (enfin, pas tous…) avec ses beaux bérets basques ! Ici, on dit qu’il tombe des bérets basques les rares fois où la neige tombe verticale, de beaux gros flocons qui viennent paisiblement couvrir le sol, pour le plaisir des yeux ! Ceci par opposition avec le poudrin, ces tempêtes de neige accompagnées d’un vent intense et glacial, qui vient nous congeler instantanément la peau si on a le malheur de mal s’être couvert. On marche sur place face à des rafales de parfois 70 noeuds, les congères viennent entraver les routes, les portes se retrouvent inaccessible car le vent a poussé toute la neige contre. Un vrai bonheur ! Mais je mentirais si je disais que je n’aime pas ce côté « extrême » et l’ambiance de ces jours de poudrin (particulièrement quand je suis au chaud sur mon canapé, le chat sur les genoux !) 

Il y a tout de même eu beaucoup de vent sur ce début d’hiver, avec d’importants dégâts. La météo change, partout dans le monde, surprenant même les plus aguerris. 

On prend ses marques, et on se cristallise.

Je ne suis à la base pas une fan de la stabilité, principalement géographique et professionnelle. Oui, mais partir où, pour faire quoi ?

Je suis tellement paisible ici, que j’en deviens frileuse, et que j’ai du mal à me dire qu’il faudrait quitter ce cocon doré un jour pour affronter de nouveau le stress d’ailleurs. Bien que ça me manque de ne pas pouvoir aller visiter des châteaux, des musées, faire des restos différents toutes les semaines; Chacun de mes retours en métropole est un rappel de tout ce qui ne me manque pas, dont je ne veux plus. Je ne sais pas si les gens sont devenus fous ou si je suis devenue déconnectée de la réalité. 

J’ai l’impression que la bienveillance et la confiance sont devenues des valeurs à fuir, ou réservées pour des gens juges trop naïfs. Les gens ne sourient plus, sont sur la défensive, voir même s’attaquent verbalement d’une façon extrêmement violente à mon sens. L’exemple le plus parlant a été de louer une voiture et conduire en métropole au mois d Juin. Réveillez vous s’il vous plait, prenez le temps de respirer, soufflez un coup et relativisez. 

C’est votre santé et votre mental que vous malmenez. 

Bref, je m’égare. Je suis bien sur  cet archipel où les habitants des deux îles sont souriants, avenants et vrais. Pour le moment, j’y reste, et je vous invite à venir découvrir la vie d’ici, si vous avez besoin d’un retour aux sources !!